Nyagbo 675947 visites
Accueil

Réfugiés: Le Cameroun forge les siens

Mardi 20 Septembre 2016 - 10:26:48

Des milliers de familles camerounaises allogènes errent dans la capitale politique. Interdits de retourner dans leur village après les déguerpissements forcées qui ont été réalisées au milieu des années 2000 par la communauté urbaine de Yaoundé.  Que va dire Paul Biya, le président camerounais au sommet des Nations-Unies sur le sujet ?

 

 

2.000, 3.000, voire environ 5.000 familles sont réfugiés dans leur propre pays depuis le milieu de la première décade des années 2000.  Ces chiffres sont purement spéculatifs et ne reflètent pas la réalité, car aucun recensement des hommes et leurs biens n’avait été effectué avant le déguerpissement sauvage des habitants des quartiers Ntaba, et la Briqueterie pour ne citer que ces deux sites dans la ville de Yaoundé. La communauté urbaine qui menait ces activités de casses s’appuyait sur le projet de modernisation ou de restructuration de la ville capitale, notamment l’assainissement des zones dites inconstructibles. Au total ce sont environ sept quartiers qui avaient été nettoyés de leurs résidents  qui avaient tout perdu dans la brutalité des casses menées par la communauté urbaine, tant les opérations étaient faites en toute illégalité, sans préparation, en totale déphasage avec les règles de l’art.

 

Pire encore, déguerpis de leur milieu de vie, les habitants avaient été interdits de quitter la ville, cernées par des forces de maintien de l’ordre qui avaient bouclés les entrées et les sorties de la ville capitale pour empêcher ces «allogènes» d’aller organiser la résistance depuis leur contrée d’origine. Et c’est à monsieur Gilbert Tsimi Evouna, Délégué du gouvernement auprès de la communauté urbaine de Yaoundé, encore dénommé «Jack Bower» le broyeur de terroristes en chef, qu’est revenue la tâche de faire le sale boulot : chasser ses compatriotes du village des autochtones.

 

 Il l’avouera d’ailleurs en pleine réunion d’information qu’il avait personnellement présidée le 22 août 2008 au cercle municipal, qu’il a mission de préserver une bande de terrain dans chaque quartier ainsi nettoyé pour le redistribuer aux autochtones, avait martelé Gilbert Tsimi Evouna face à des allogènes médusés.  

 

Il se vantait alors d’être l’homme à tout faire du chef de l’Etat, l’unique personne à qui il rendait compte directement. Presque dix années se sont écoulées depuis ces événements malheureux survenus dans un pays considéré comme l’Afrique en miniature, et les retentissements de ces opérations dignes des vrais terroristes se font encore sentir dans la ville de Yaoundé, les victimes étant toujours sans repères, car aucune des mesures sociales liées aux déguerpissements pour utilité publique  n’avait été respectée.  

 

D’ailleurs, on annonce d’autres nouvelles opérations similaires, notamment à la Briqueterie, l’un des plus vieux quartiers de la ville de Yaoundé où cohabitent l’essentiel des premiers allogènes arrivés dans la capitale à la fin des années 1800, et qui est situé en plein centre urbain. Il nous revient qu’au moment où nous écrivons que l’essentiel de ces espaces a déjà mis en vente aux plus offrants. Il s’agira donc de construire sur le cimetière de ses enfants dits allogènes.

 

Le président de la république est à New-York depuis trois jours où il prend part au 1er sommet des Nations-Unies sur les réfugiés.  On peut questionner le contenu du discours qu’il va prononcer devant ses pairs et les délégations venus de la quasi-totalité des pays du monde. Lesquels des réfugiés va-t-il défendre à ce sommet ?

 

Il faut noter que le Cameroun compte environ 350.000 réfugiés sur son sol. Est qualifié de réfugié toute « personne ayant quitté son pays d'origine pour des raisons politiques, religieuses ou raciales, et ne bénéficiant pas, dans le pays où elle réside, du même statut que les populations autochtones, dont elle n'a pas acquis la nationalité».

 

Au sens de la convention du 24 juillet 1951 relative au statut des réfugiés    est réfugiée une personne qui se trouve hors du pays dont elle a la nationalité ou dans lequel elle a sa résidence habituelle ; qui craint avec raison d’être persécutée du fait de sa « race », de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques et qui ne peut ou ne veut se réclamer de la protection de ce pays ou y retourner en raison de la dite crainte.  On dénombre plusieurs types de réfugiés dans le monde, des réfugiés politiques, climatiques, humanitaires, les réfugiés de guerre,  etc.    


Pages 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 >>
   ...
Auteur
Ndjabun Irène Sidonie journaliste
BP 2303 Messa -Yaoundé tel 77 91 44 86 sitounou@ya
Pensée du jour
On ne scie pas la branche sur laquelle on est assis.

Transmis par Kone (abidjan)
Réalisé par Africaciel.com