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Bassamba : La deuxième mort du CMH

Jeudi 18 Aout 2016 - 13:20:50

18 ans plus tard, le centre médico-hospitalier (Cmh) de cette commune du département du Ndé se meurt, «Lâché »  par la Fondation Niat qui l’a crée.


 

«Il n’y aucune information sur la réhabilitation du centre médico hospitalier de Bassamba pour le moment, je ne sais quoi vous dire», nous déclare au téléphone monsieur Njiké, porte parole de la Fondation Niat à Yaoundé  le mardi 16 août dans l’après-midi. Pour lui, madame Marcie Niat, épouse du président du sénat, promoteur de la Fondation éponyme avait voulu réaliser quelque chose à Bassamba, son village natal. Mais une organisation internationale à capitaux camerounais dont elle est membre lui a demandé de les laisser faire et depuis ils n’ont plus donné signe de vie, a conclut M Njike. Pourtant, lorsque le 26 avril 2016, un architecte délégué par le président de la Fondation Niat Njifenji avait visité l’hôpital, il avait laissé entendre que le début des travaux de construction serait effectif dans les trois semaines suivantes.  

 

Cinq mois sont passés, et les habitants de ce hameau «ne voient toujours rien venir». Pourtant, les populations du coin avaient cru un instant que le président du sénat était revenu à ses anciens amours, lui qui est le beau-frère adoré du village. Toutefois, ils n’en démordent pas et restent confiants en l’avenir, entend-on à Bassamba, tant il y a fort à faire dans ce centre médico hospitalier laissé à l’abandon par son principal donateur, le Ministère de la Santé publique, et surtout les élites de Bassamba.

 

Pour faire le tour du propriétaire le 26 avril 2016, l’architecte avait été accompagné par le Dr Serge Talom, médecin chef du Cmh et ses proches collaborateurs. Mais ce que nous apprendrons quelques jours plus tard de la bouche d’un proche collaborateur du président du sénat interrogé, «cet architecte n’en n’est pas un».  

 

Parmi les besoins immédiats du Cmh qui avaient été exprimés par le Dr Talom, les priorités se déclinent en l’approvisionnement en tensiomètres manuels, la réfection des toilettes, la réhabilitation du circuit électrique, la plomberie et la construction d’une clôture en matériaux définitifs pour protéger l’hôpital. Dans le registre des matériels, la structure fonctionne avec un minimum insuffisant, selon le Dr Serge Talom. « Nous sommes très limités», s’était plaint le médecin car, actuellement, ils font des traitements à l’aveugle parce qu’ils ne disposent pas d’équipements médicaux adéquats pour la réalisation des analyses médicales.

 

Au laboratoire par exemple, ils ont besoin d’un appareil à Hémogramme pouvant compter les globules blancs pour ne citer que ce cas. Toujours dans le compartiment technique, le bloc opératoire dont l’entrée et les pièces intérieures étaient couvertes par d’épaisses toiles d’araignées n’est pas opérationnel depuis plus d’une décennie.

 

La pièce centrale est encore meublée par une table qui n’avait servi en son temps qu’à faire de la petite chirurgie. «Les césariennes et d’autres actes médicaux lourds avaient été abandonnés pour cause  d’absence d’un médecin», a-t-il ajouté. Fort heureusement ils ont constaté que le tambour, l’autoclave et les pinces sont encore en bon état. Selon ce praticien, un lot important de médicaments que contenait la pharmacie était arrivé à péremption et avait dû être détruit. En ce moment, du fait de leurs faiblesses structurelles, les populations désertent leur formation sanitaire pour aller se soigner soit à Bangangté, capitale départementale du Ndé où les prix des prestations sont pourtant plus élevés, ou dans les communes voisines.

 

Une petite enquête du Dr Talom lui a permit de se rendre compte que cette désertion est dûe au fait que les structures de dialogue de leur côté ne font pas d’efforts de mobilisation des masses en vue de ramener les malades dans leur hôpital pour rehausser la fréquentation et accroître les recettes utiles pour son fonctionnement.

 

On estimait à environ 10.000 âmes la population de Bassamba au moment de l’abandon de ce centre médico hospitalier à la fin des années 1990, aujourd’hui elle avoisine les 50.000 personnes.

 

Pour booster la fréquentation de son hôpital, le Dr Talom a effectué une tournée «pour parler aux populations, expliquer leur rôle dans le village», cela en vue de convaincre les  populations de la nécessité à contribuer à la vie de la structure qui se nourrit du paiement des frais exigibles tels que l’accueil, l’hospitalisation, le laboratoire, la pharmacie, et la chirurgie. Il rappelle que les coûts sont relativement bas, la nuitée tout service confondu est estimée à 1.000 FCFA pour trois jours, le bilan des consultations prénatales s’élève à 10.000 FCFA seulement.

 

Il faut souligner que c’est le 10 janvier 1997 que Marcel Niat Njifenji, aux côtés de Titus Edzoa, Ministre de la Santé Publique de l’époque avaient procédé à l’inauguration officielle du centre médico hospitalier de Bassamba, petite bourgade qui se compte parmi les quatre arrondissements du département du Ndé, région de l’ouest. Rendu à ce jour, on peut dire que le Cmh est mort de sa belle mort,  «emporté» par les querelles politiques entre deux géants du microcosme politique du Ndé, visiblement opposés dans leurs ambitions respectives : Marcel Niat Njifenji et le « new comer », monsieur Tchouta Moussa Batkam, depuis décédé.

 

Elite du Ndé et fonctionnaire international qui avait été appelé au gouvernement par le président Paul Biya, ses largesses séduisaient bien de gens au point d’agacer ses adversaires politiques dans cette contrée. Bassamba avait payé cher ses nouvelles amitiés avec cet homme qui semblait accaparer l’attention de tous. Nous ferons l’économie des péripéties qui avaient émaillées la vie de cette formation sanitaire pour dire qu’on le paie toujours cash le fait de cracher sur la main qui vous a nourrit. 

 

 

 

 

 

 


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Auteur
Ndjabun Irène Sidonie journaliste
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