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Editorial:Le Minsanté et les médicaments de la rue

Lundi 15 Juillet 2019 - 11:50:17

Le Dr Manaouda Malachie prend une décision économique et non sanitaire


Le médicament est devenu le premier aliment des camerounais, notamment des bébés nouveau-nés. Dès la naissance les personnels soignants imposent aux mamans l’achat des vitamines et des collyres qui sont administrés  à leur enfant sans aucune explication. Mais ils leur communiquent seulement des recommandations, sur la durée du traitement qui s’étale sur les deux premières années de la vie du bébé. Le Ministre de la Santé publique (minsanté), le Dr Manaouda Malachie le sait certainement. Les jeunes adolescentes encore vierges sont soumises à des progestatifs (contraceptifs) qui les stérilisent et cela est tout à fait normal. La césarienne est utilisée pour limiter les naissances et ça aussi, le ministre ne s’en préoccupe pas. Au Cameroun en ce moment, on promeut les contraceptifs d’urgence et l’avortement et ça aussi,  monsieur Manaouda Malachie feint de l’ignorer ou il n‘en sait encore rien.

Nous avons appris récemment que les personnels de la santé sont primés pour poser des actes médicaux et infirmiers répréhensibles, mais au nom du droit à la santé, le minsanté laisse faire. Son département ministériel n’a pas les moyens de sa politique, donc il ferme les yeux et il prend des mesures sur la qualité des soins médicaux, par exemple. S’il ne réagit pas, peut-être  n’est-ce pas son mandat ? Alors le sien ce serait lequel ? Il est le chef d’un secteur transversal dont les actions, menées en relation avec d’autres secteurs  doivent déterminer la Santé des populations. Les Ministères de la Santé publique, de l'environnement, des affaires sociales, de l'urbanisme et le développement urbain, de l'agriculture, de la culture, de la communication, devraient tous veiller au bien-être des populations et à leur santé d’une manière précise, Par la promotion de la santé, cela suppose que l’on mettre en œuvre un paquet d’activités essentiellement préventives qui éloignent les populations des risques de maladies et d’autres fléaux sociaux. Par exemple à travers l’hygiène et la salubrité, l’éducation et l’information, etc. 

 Dans une note qui a été signée en date  du 10 Juillet 2019, le Dr Manaouda Malachie va en guerre contre tous les trafiquants de médicaments et de produits pharmaceutiques en général, fussent-ils des professionnels de la pharmacie. Il «attire l’attention de ceux qui exercent cette activité illégale à travers des étals, des kiosques, des propharmacies ou même des magasins de stockage illégaux, qu’ils sont passibles de poursuites judiciaires, conformément à la législation en vigueur. Au regard des dangers encourus par les populations victimes de ce phénomène répréhensible, et surtout conscient des conséquences néfastes des médicaments de la rue sur la santé ainsi que sur l’économie camerounaise, le ministre de la Santé publique annonce l’opérationalisation aussi bien au niveau central que de chaque région, d’une brigade chargée de sillonner nos villes et localités, en vue de procéder avec l’appui d’autres administrations concernées,  à la saisie et destruction de ces médicaments et produits».

Par médicaments, à quoi fait allusion le Dr Manaouda Malachie ? Aux mixtures, potion, et autres mélanges qui ne sont pas produits par les firmes pharmaceutiques ? Cela supposerait que l’on trouve dans cette gamme, aussi bien les produits issus de notre patrimoine thérapeutique national, des remèdes importées de tous les coins du monde et des compléments alimentaires de la médecine dite alternative. Dans cette première catégorie de médicaments que le ministre a bien fait de ne pas citer, on a une pléthore de marques et de fabriquants, mais les filières, on ne les connaît pas réellement. La dernière vague de médicament de la médecine douce qui a fait irruption dans notre pays nous est venue de Malaisie, et d’inde.  

Leurs promoteurs entrent dans le pays par les voies normales, en l’occurrence par les airs,  avec passeport et visa réglementaire. Une enquête que nous avons menée nous a conduits dans leur quartier général situé dans la périphérie de la cité capitale, Yaoundé. Ces citoyens indiens et Malaisiens sont protégés par les hautes autorités de l’Etat qui leurs fournissent le sauf conduit nécessaire pour mettre pied au Cameroun et à y exercer des activités commerciales. Ils n’ont pas de point de vente fixes, ils excellent dans la vente ambulante, leurs produits dans les deux mains, et un sac en bandoulière,  ils déambulent dans nos villes et campagnes à longueur de journée en toute liberté. Ils écoulent leurs produits dans les débits de boisons, tous les lieux de rassemblement, et ils font surtout du porte à porte.

En ce qui concerne les produits pharmaceutiques qui empruntent le circuit officiel, la revue de la littérature nous renseigne qu’ils proviennent du Nigeria voisin, d’Asie, d’Europe. Il y a dix ans environ, les circuits étaient circonscrits et on pouvait facilement traquer les importateurs et les interpeller sur site. Mais il a fallu que les politiques s’en mêlent, avec des mesures comme la dernière du minsanté. Le décret du chef de l’Etat portant restructuration de la centrale nationale d’approvisionnement en médicaments et consommables médicaux essentiels (Cename) qui avait été publié au début des années 2000 a quasiment été bâclé. Le dernier Décret N°2018/501 Du 20 Septembre 2018 réorganisation de l’entreprise est en latence. La Cename  contribue à la mise en œuvre de la politique pharmaceutique nationale en matière d’approvisionnement en médicaments et dispositifs médicaux essentiels.

A ce titre, elle  est notamment chargée :D’assurer la disponibilité, la permanence et l’accessibilité  des médicaments et dispositifs médicaux essentiels sur toute l’étendue du territoire national ; De garantir la qualité des médicaments et dispositifs médicaux essentiels qu’elle distribue conformément aux normes de qualité prescrites par la réglementation en vigueur ; De fournir les fonds Régionaux pour la promotion de la Santé et autres structures agrées en médicaments et dispositifs médicaux essentiels au meilleur rapport qualité/prix ; De mener toutes opérations complémentaires ou  connexes pouvant se rattacher à son objet social ; D’exécuter toute autre mission à elle confiée par les pouvoirs publics et se rapportant à son objet social.

Depuis près de cinq ans, la structure est une coquille vide, les produits pharmaceutiques qui étaient en stocks ont été abandonnés aux charançons. Des lots estimés à 1,5 milliards se sont périmés. Les magasins sont pleins mais de médicaments avariés, les achats sont réduits à leur plus simple expression à cause de l’insolvabilité des hôpitaux. Car les formations sanitaires commandent des médicaments et ne reversent pas le produit de la vente. A cause de tous ces tracas, la cacophonie s’est installée dans le secteur.

Les démembrements régionaux e la Cename, les Fonds régionaux de promotion de la santé qui approvisionnent les structures sanitaires de leur ressort s’approvisionnent désormais au petit  bonheur la chance. C’est encore le cas au moment où le Minsanté lance sa croisade contre les médicaments de la rue. Des sources concordantes dans le santé affirment que ,  «les hôpitaux des forces de l’ordre et défense s’approvisionnent au marché central». La messe est dite, et à la lumière de ce qui précède, où le ministre ira-t-il chercher les médicaments de la rue dont il parle ?  Pas là où il croit pouvoir les retrouver, parce qu’ils sont entrés à l’hôpital depuis des lustres. Les brigades qu’il entend mettre sur pied ne trouveront que des emballages vides  dans les marchés. Les autres petits vendeurs qui essaiment nos quartiers et campagnes ne possèdent que des stocks résiduels. Prenez- les et ils iront encore en acheter à leurs grossistes que les brigades du Minsante ne peuvent atteindre.  Simplement parce que ceux qui sont derrière les commerçants du marché central sont  intouchables.

29 ans se sont coulés depuis la publication de la loi n° 90/035 du 10 Août 1990, et le 10 Juillet 2019. Aujourd’hui, les médicaments de toues les formes de médecine, et tout particulièrement les produits pharmaceutiques se vendent comme de petits pains. Les commerçants locaux font à présent des recherches sur Internet, pour s’informer sur les molécules, les maladies auxquelles elles sont adressées, les interactions avec d’autres produits, entre autres données requises. Pour des experts du médicament,  le Ministre protège son ministère, qui est soumis au dictat des partenaires techniques et financiers et des bailleurs de fonds, principaux pourvoyeurs de financements qui lui permettent de lutter contre les maladies. D’autres sources croient savoir que Manaouda Malachie ne réussira une cette entreprise que s’il  remet d’abord en fonction l’inspection de la pharmacie qui a été défaillante durant ces dix dernières années.

Cette division de son département ministériel  ne dispose ni d’un budget efficient, ni d‘une brigade dotée des moyens de lutte adéquats. A en croire ces spécialistes, l’inspection est une activité obligatoire qui a été laissée aux mains des groupes administratifs qui en ont fait chacun son fond de commerce. D'autres parts, l’ordre national  des pharmaciens qui accompagne la tutelle dans ce projet a volé en éclat, son dernier président aurait jeté l’éponge, car il préside aux destinées d’une  succursale d’une firme de fabrication de produits pharmaceutiques génériques sur notre sol. Sur ce terrain où les conflits d’intérêts sont innombrables, certains officinaux sont en même temps grossistes et industriels.  Pire, le fonctionnement des officines ne respecte plus les canons édictés. On est en plein marasme, en pleine anarchie, chacun fait comme il peut avec les moyens dont il dispose. L’Etat dans ce cas, il concocte des décisions à n’en plus finir.


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Auteur
Ndjabun Irène Sidonie journaliste
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Toute les grandeurs du monde ne valent pas un bon ami.

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