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Vivre ensemble: La terre divise Yaoundé

Lundi 13 Mai 2019 - 13:33:15

A Messa-Mendongo, Nkozoa, Mbankolo, Tsinga, Bastos, Ekounou, Nlongkak, Briqueterie, Carrière, etc. Les autochtones font régner leurs propres lois. Au menu des menaces, la revente des terrains.


Jean Jules S vit à Nkozoa, dans l’arrondissement de Yaoundé I, iol y  près de dix ans, il avait acheté la parcelle de terre sur laquelle il a érigé sa maison. Depuis quelques mois, le monsieur qui la lui avait vendue exige le versement de la somme de 100.000 FCFA. Il n’est pas seul concerné, tous ses voisins qui ont acquit leur terre auprès du même vendeur y sont assujettis. Cet argent leur a t-il  dit,  va lui permettre de payer les honoraires des avocats qui va défendre leurs intérêts par devant la justice. Car ils sont situés sur le domaine de l’Etat qui envisage de le reprendre. C’est la raison pour laquelle ils doivent faire front commun et cela a un coût.  

Au quartier Carrière, dans le 2è Arrondissement, ce sont les enfants des autochtones décédés qui réclament aux résidents le versement des sommes complémentaires à ce qui avait été payées à leurs parents. A un jet de pierre de là, notamment à Mbankolo, des agents de l’administration ont fait courir une nouvelle à la fin de l’année selon laquelle le quartier va être rasé, et ce sont les mêmes personnes qui leur proposent des terrains à vendre dans les zones périphériques de la ville de Yaoundé.

A l’autre bout de la ville, à Messa-Medongo, dans la commune de Yaoundé IV, Madame Pierrette Tchatchoua a découvert des montagnes de sable et de graviers déversées à même les fondations qu’elle avait fait construire pour protéger sa concession. C’est en 2010 qu’elle avait acquit ce terrain de plus de 600 m2. Les voisins présents lors de sa visite fin avril 2019 dernier lui ont suggéré d’en discuter avec le vendeur.

Ce dernier qu’elle a rencontré il y a environ trois semaines lui a confié qu’il est confronté à la fronde d’une partie de la famille qui réclame sa part d’héritage. Ce sont les petits fils et petits neveux qui se sentent lésés, lui a-t-il expliqué. Il insiste donc car «il doit pouvoir satisfaire ces revendications pour vivre en paix avec des petits fils et petits neveux». Ces enfants veulent qu’une nouvelle proposition de vente soit faite à l’acheteuse, surtout que le prix soit arrêté en présence de toute la famille. Elle détient le certificat de vente et le dossier technique qui lui avait été délivré par les autorités compétentes il y a près de dix ans.

Ces histories sont récurrentes dans les deux grandes métropoles Yaoundé et Douala. Hormis les questions de vente ou de revente des terrains, les patrimoines fonciers appartenant à des familles sont convoités par des privés qui sèment la terreur entre les enfants pour s’en accaparer. On peut citer les exemples des familles Tchassem à Tsinga, et Jeam-Marie Fongou à Bastos. Dans ce dernier cas, certains locataires refusent d‘exécuter une décision de justice leur intimant de verser les loyers dus depuis plus de deux ans au légitime héritier.

Les pouvoirs publics en sont informés, et laissent prospérer ces expropriations qui ne disent pas leur nom, et ces rétentions sans droits des biens appartenant à autrui. C’est dans ce contexte que le gouvernement prône la tolérance, la non discrimination, la justice sociale, l’acceptation et le respect des différences, etc. La législation sur l’urbanisme  a été abrogée  et rendue publique depuis 2005, avec toutes ses déclinaisons sur le droit de la terre, l’immatriculation, la vente, la cession, les beaux emphytéotiques, les restructurations et rénovations des villes, entre autres sujets. Son décret d’application a été publié par l’ex premier Ministre Inoni Ephraïm en avril 2008, après les manifestations contre la faim.

Nous reprendrons dans nos prochaines livraisons le round-up des problèmes similaires qui se posent actuellement dans nos grandes villes et villes secondaires. A la lumière de ce qui précède, veut-on vraiment vivre ensemble dans ce pays ? Peut-on y aller comme le jour se lève sans passer par une justice transitionnelle ? Qui vivra verra, dirait  le Chef de l'Etat, Paul Biya.


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Auteur
Ndjabun Irène Sidonie journaliste
BP 2303 Messa -Yaoundé tel 77 91 44 86 sitounou@ya
Pensée du jour
La vie n'exige de nous que ce que l'on peut endurer

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