Nyagbo 897497 visites
Accueil

Médecine traditionnelle: La protection en question

Mardi 13 Aout 2019 - 20:54:24

Les marques et formules sont recherchées par le Minisanté, l’Oapi le Ministère des Mines et le Lanacome. Les accords entre ces institutions n’augurent rien de bon pour l’avenir de la profession au Cameroun et en Afrique. 

 

On ne peut pas protéger une œuvre familiale ou une œuvre communautaire, parce qu’il n’existe pas une législation et des règles appropriées. Le tradithérapeute qui va négocier avec le Ministère de la Santé publique (minsanté), le Ministère des Mines, le Lanacome (laboratoire national de contrôle du médicament et d'expertise) ou l’Oapi (organisation africaine de la propriété intellectuelle), s’est jeté dans un trou sans fond. Parce que le Minsanté fait de l’administration, l’Oapi ne peut protéger que les marques, le Lanacome (laboratoire national de contrôle du médicament et d'expertise) contrôle les produits pharmaceutiques et pas du tout les médicaments de la médecine traditionnelle, étant donné que les produits chimiques n’entrent pas dans leur fabrication.

 

Le ministère des Mines se cantonne à surveiller tout ce qui sort de notre sous-sol et les normes de production, et rien de ce qui a trait aux produits forestiers non ligneux comme les plantes médicinales, etc. Depuis l’organisation à Yaoundé d’une réunion entre le Minsanté, le ministère des Mines, l’Oapi (organisation africaine pour la propriété intellectuelle), le Lacaome, et les tradipraticiens, quelques jours après la célébration de la Journée africaine de la Médecine Traditionnelle (Jamt) édition 2018, des spécialistes du secteur et une certaine opinion ont donné de la voix. Pour décrier des manœuvres qui sont mises en œuvre pour délester les tradithérapeutes de leurs inventions.

 

Selon les participants à cette rencontre, on leur avait annoncé le rabattement des coûts des visas de la protection intellectuelle, de l’ordre de 40%. Cependant il n’y avait encore rien de concret, juste des promesses. C’était déjà le cas à la veille de la Journée de la médecine traditionnelle qui est commémoré tous les 31 août de tous les ans.  

 

Au Cameroun, l’exercice du métier et son organisation rime désormais avec dérives institutionnelles. Il convient de rappeler que dans un entretien que le Révérend père Mandeng nous a accordé l’an dernier, il révèle que «le tradipraticien qui donne la formule de son médicament à trahi son pays. Parce que chez nous, pour que quelqu’un ait la formule du médicament il doit venir nous voir pour être initié». Mais quand les scientifiques viennent les voir et qu’on les initie, a-t-il poursuivit, ils vont vendre nos formules aux occidentaux.

 

Ce n’est pas pour nous encadrer qu’ils se contentent de dire que nos produits ne sont pas toxiques, et qu’ils sont bien tolérés a t-il ajouté. Car ce sont les quatre principes de base, nous demander la formule, c’est de la malhonnêteté intellectuelle et ils l’ont prouvé pendant longtemps. A  en croire ce spécialiste de la médecine de traditionnelle, lorsqu’ils sortent des manuels avec ces formules, ils ne citent plus le principal auteur des données qui y figurent. Alors que l’Oapi avait demandé que les noms des tradipraticiens soient inscrits dans les productions des scientifiques qui ont eu recours à eux.

 


Pages 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 >>
   ...
Auteur
Ndjabun Irène Sidonie journaliste
BP 2303 Messa -Yaoundé tel 77 91 44 86 sitounou@ya
Pensée du jour
Contrairement au sage, un fou croit être sage.

Transmis par Karl Heiss (Lomé)
Réalisé par Africaciel.com