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hôpitaux: Les gains de la mort

Dimanche 15 Juin 2008 à 17:17:35


Les recettes des unités de morgues s’évaluent mensuellement par dizaines de millions  de FCFA. Enquête dans ces services où l’omerta est de rigueur.

 Par Irène Sidonie Ndjabun

Tarif d’entrée, produits de conservation, toilette, habillement, office religieux, etc. les prestations que fournissent les services de morgue des hôpitaux sont des plus en plus variées aujourd’hui. De manière générale, seuls les hôpitaux de référence public et para publics sont dotés d'une unité de morgue. Situés au pied de la structure, à l’arrière ou sur une des ailes,  ces services sont assez aseptisées. Et pour cause, elles sont présentées actuellement comme faisant partie des unités les plus productives de l’hôpital. Selon une déclaration d’un dirigeant d’un hôpital de référence de la cité capitale, «la plus petite morgue de la ville de Yaoundé produit environ 12 (douze) millions de FCFA tous les mois». Les coûts des prestations se fixent dans certains cas en fonction de la fortune des familles et de leurs besoins. A travers la ville on compte un peu plus d’une demie douzaine de morgues, de capacités et d’agencements divers. Ils sont composé en général de trois compartiments, l’un abritant le service administratif, l’autre des coffres et autres chambres froides, et enfin la chapelle comprenant des chaises, baffles, et autres bouquets de fleurs. L’actualité en ce moment est à l’extension de ce service,et à la réfection du carrelage du sol comme à L’hôpital Général de Yaoundé (HGY). Ou à la construction et la décoration de la chapelle comme c’est le cas au Centre Hospitalier et Universitaire (CHU).

A l’hôpital Gynéco obstétrique et Pédiatrique   (HGOPY), le personne fait savoir que le souci des dirigeants de la formation est de multiplier le nombre de chaises et autres bancs dans la cour et sous les hangars. Les prix pratiqués à l’entrée des corps sont presque les mêmes. Ce coût est de 15.000 FCFA à l’HGY (produits  d’embaumement mortuaire compris), contre 10.000 FCFA la nuitée. Idem chez son voisin, l’HGOPY) ; à peu près le même taux au CHU. Il est de 18.500 FCFA à l’accueil du corps à l’hôpital de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (Hcnps), contre 7.000 FCFA par jour passé sur les lieux. L’hôpital Central de Yaoundé (HCY) affiche 13.500 à l’accueil, pour 7.000 Frs la nuitée. Il faut 15.000 FCFA à l’arrivée à l’Hôpital Jamot, et 5.000 Frs chaque nuit passée ici. Les mêmes coûts sont pratiqués à l’hôpital Militaire (HM). Quant à leur capacité, impossible d'en diffuser l'infirmation, clame des personnels en service dans une formation sanitaire située non loin du quartier des Ministères. «Personne ne vous dira combien de morts exactement peut contenir cette unité dans son hôpital », martèle cette personne. Qui renvoie le reporter vers son directeur général pour de plus amples informations. A l’hôpital Central de Yaoundé (HCY), un responsable de la direction prévient que le contexte est mal choisi pour évoquer le sujet. A Jamot, le Dr Christophe Ayissi «ne comprend pas l’intérêt d’un tel article, dans la mesure où sa structure ne fonctionne pas comme il l’avait projeté au terme d’une analyse situationnelle des problèmes inventoriés dans la maison, des objectifs à atteindre, du cadre logique de mise en œuvre, et des solutions préconisés après sa prise de fonction».

A l’HGY, la major de service doit s’en référer au proche collaborateur du DG chargé des questions liées à la morgue, jusqu’au vendredi 14 juin, surchargé de travail. Jusqu’à une date récente, «il existait à l’HGY un espace réservé au chef de l’Etat et à d’autres hautes personnalités de la république. Il a été depuis affecté aux corps du tout venant en raison de sa permanente vacance» selon des sources dans la maison. La structure peut contenir 19 cadavres, contre 51 pour l’HGOPY disséminés dans deux compartiments de 27 et 24 cadavres. Dans la chapelle située à l’entrée principale, deux gros baffles sont fixés aux angles. Les deux autres sont installés à l’extérieur lors des services religieux. Car cette cérémonie est partout payante, les Coût variant d’une formation à une autre. A l’HCY il est de 10.000 FCFA, valable pour la location de la salle. Quid des fleurs et décorations faites à ces occasions ? Des visites aux défunts, officiellement interdites mais que les familles négocient afin de s’assurer que leur parent est bien entretenu par exemple ? Et les articles d’habillement (slips, caleçon, gants, chaussettes, parfum), les outils d’embaumement, et même des cercueils qui sont vendus aux usagers ? de l'hygiène et des précautions requises ? Inutile d’insister, personne ne parlera.

Orphelins vulnérables: Le statut quo demeure

Dimanche 15 Juin 2008 à 16:57:28


Malgré les nouvelles orientations introduites par le gouvernement à travers ses démembrements, la question de la gestion des ressources affectées à la réalisation des activités sur le terrain soulève quelques préoccupations. Qui ont suscité une première action vigoureuse des associations intervenant dans le projet. 

 Irène Sidonie Ndjabun

 Comment faire pour réduire les discriminations dans la distribution des aides aux Orphelins et Enfants Vulnérables (OEV) à travers le pays ? Que faire pour éviter l’inclusion des prestataires improbables dans le projet ? Qui fait quoi exactement dans ce programme ? Autant d’équations difficilement solubles. Qui soulèvent l’ire des associations qui intervenant déjà dans le Programme National de Soutien aux OEV (PNS-OEV). Dont une frange, celles de Yaoundé en l’occurrence, vient de créer une Task Force (TF), en vue d’une part de créer une synergies pour le renforcement de leurs capacités. Et d’autres parts, «de voir comment harmoniser les actions entre lesquels subsistent des écarts qui engendrent des préjudices», selon Alhadji Sani, promoteur de Ann-Nour. Qui explique qu’est question pour les organisations, de veiller à ce que quelques-unes ne soient plus sorties du programme sans notifications préalables. Car au début du mois de juin, le Ministre de la Santé Publique (Minsanté), André Mama Fouda a exclu trois autres associations pour incapacité. Il s’agit de MSF (mutuelle santé sans frontière), ORAHD et DESED. A ce titre, les membres de la TF se proposent de faire le tour du pays en vue de la constitution d’un réseau national dans la perspective de lé défense de leurs intérêts. Car c’est la question de l’utilisation de l’argent de l’UNICEF qui oppose les associations et leurs partenaires du gouvernement.

Le Ministère de la Santé Publique (Minsanté) à travers le Comité national de Lutte contre le Sida (Cnls), et le Ministère des Affaires Sociales (Minas) représenté par sa délégation provinciale pour le Centre. Si le montant des budgets convoités n’est pas rendu public, on retient qu’il sont alloués respectivement par le Fonds Mondial dès 2004, et depuis le début de cette année 2008 par l’UNICEF aussi qui vient d’y introduire le volet Activités génératrices de revenus (AGR). Dans le but du renforcement des capacités des familles pour l’encadrement approprié des bénéficiaires. Logé au ministères des Affaires Sociales (Minas), notamment à la délégation provinciale pour le centre (DPMC), le projet y a subi quelques modifications. En raisons des discriminations observées dans le recensement des intéressés, selon le DPMC Jean-Pierre Edjoa. Qui n’a pas supporté que les associations oeuvrant dans les localités de Yaoundé II et VII en aient fait une affaire de certains quartiers. Etant donné que, et toujours selon ses explications, un coin comme la Briqueterie dans Yaoundé II comptabilisait des milliers d’OEV, contre moins d’une vingtaine pour Nkolbisson dans Yaoundé VII. Par souci d’équité, le DPMC avoue avoir recruté quatre nouvelles associations supplémentaires, en plus de celles  existantes, et revu à la hausse le nombre d’OEV par association, dans l’optique de la correction les imperfections constatées, selon ses propres termes.

Comme feuille de route, ces dernières ont eu la charge de la reprise du recensement dans ces deux groupements. Alors qu’au terme du séminaire d’évaluation du Projet PNS-OEV organisé conjointement par le Minsanté et le Minas du 4 au 6 février dernier, une des résolutions prises avaient consistée en l’accroissement des organisations de 50 à 70, et des OEV de 200 à 430 par groupe. Quant au budget, aucune information sur son réajustement sur cette base n’avait été divulguée à l’issue des travaux. Jusque là, chaque organisation percevait une enveloppe de 11,5 millions de FCFA trois fois par an pour l’achat des dons en nature à offrir aux enfants. Hormis l’appui pour le fonctionnement de l’association évalué à 9 millions de FCFA attribué pendant la même période. L’année 2007 écoulée s’est achevée avec un reliquat de budget non versé aux organisations synonymes d’activités non réalisées. Promesses avait été faite du versement de ce fonds dès la fin du moins de février, ce qui ne semble pas avoir été fait. Tout comme la allocations préconisés pour cette année 2008 dont le premier semestre court à sa fin. Ce autant pour le volet Fonds Mondial que pour celui de l’UNICEF. Lequel volet a subi des modifications dans le but de l‘harmonisation de la taille des enfants des localités de Yaoundé II et VII.  On se souvient qu’il y a quelques années, le Cnls avait réalisé les cartes de vulnérabilité des différents quartiers de la ville. Les éléments constitutifs comprenaient la proportion des marchés, des églises, des sites dangereux, des sites ludiques, sportifs et culturels, entre autres.

L’arrondissement de Yaoundé II actuel, compte pas moins d’une dizaine de marchés parmi les plus riches de la ville (Mokolo, 8è, Madagascar). La Briqueterie à elle seule est parsemée de marchés de vivres et d’articles divers tels le textile, les marmites artisanales très demandées, l’électronique, les viandes grillées, le sexe, etc. Outre les marchés, ce groupement foisonne d’Eglises parmi le plus anciennes : Six grandes églises chrétiennes catholiques et Protestantes, deux grandes Mosquées, et une multitude de petites mosquées. Un site de prostitution parmi le plus anciens de la capitale. Sur le plan de la santé, l’Hôpital central, le CHU, l’hôpital catholique, le Centre Pasteur du Cameroun (CPC), la Fondation Chantal Biya et son Centre Mère et Enfant (FCB-CME), l’Ecole de formations des infirmiers, l’école supérieure de statistiques, l’école des enfants sourds et muets, l’OCEAC y sont implantées, etc, y sont implantés. Ainsi que des écoles primaires publiques et privées, des lycées et collèges, diverses écoles islamiques, l’école supérieure de police, de petits et grands hôtels (le Mont Febe), et le Palais des Congrès. Il comprend aussi une demi douzaine de quartiers dont la Briqueterie, Tsinga, Mokolo, Madagascar, Carrière, et Mbankolo. Même si l’arrondissement de Yaoundé VII qui a été prélevé de Yaoundé II l’année 2007 par décret présidentiel peut revendiquer une université catholique, des collèges et lycées, et d’autres service sociaux, sa dissemblance avec sa voisine est visible, d’autant que la localité est une de celles qui ont foisonné autour de la cité capitale des dix dernières années.

Fonds Mondial: Le CCM Cameroun opère sa mue

Dimanche 25 Mai 2008 à 17:56:7


Après une période d’hibernation due aux carences diverses dans son fonctionnement, le mécanisme mis en place pour la sélection et le suivi des projets pays prépare sa mue. Selon les directives du Fonds Mondial.

Irène Sidonie Ndjabun

Ses trois premières années de vie ont été tumultueuses, car émaillées de péripéties diverses. Le CCM (country coordinating mecanism) ou comité consultative de suivi des programmes du Fonds Mondial (FM), encore appelé Globa Fund (GF) prépare sa mue. Dans un contexte chargé de suspicions et de doutes quant à l’efficacité des membres qui la composeront, et la franche collaboration requise au sein de cette instance dont l’existence est guidée par la protection des intérêts des bénéficiaires des soins de santé. En l’occurrence des malades atteints de VIH/Sida, de la tuberculose et du Paludisme qui fondent l'existence du FM dont les programmes de contrôle sont financièrement soutenus par le GF. L’appel à candidatures pour la sélection des représentants de la société civile au sein de cette structure a été lancé le 09 mai dernier, par le président du CCM Cameroun Armand Abana Elongo. Il est destiné aux Ongs et associations oeuvrant dans le domaine de la santé et aux organisations des personnes vivants avec le VIH (PVVIH). Comme conditions, ces organisations ont l’obligation d’avoir été enregistrées comme association ou Ong auprès des autorités compétentes (attestation légale d’enregistrement de l’organisation requise) ; une expérience d’au moins 03 ans dans le suivi et évaluation des projets/programmes concernant l’une des trois maladies sus mentionnées ; une expérience d’au moins 03 ans dans la gestion des projets/programmes d’un montant d’au moins 20.000.000 FCFA par projet d’une durée d’un an maximum, une expérience d’au moins 02 ans avec l’un des programmes nationaux (VIH/Sida, paludisme, tuberculose) et au moins 03 partenaires nationaux et/ou internationaux oeuvrant dans la lutte contre l’une des trois maladies, la capacité de l’organisation de présenter au moins 02 candidats parfaitement bilingue et ayant les connaissances et les compétences techniques requises pour la représentation de la structure au CCM.

En ce qui concerne les organisations des PVVIH, outre la première et la cinquième conditionnalité, elles doivent en sus être reconnues par le comité national de lutte contre le sida (Cnls) comme telle (vérification auprès des groupes techniques provinciaux du cnls). Les dossiers étaient reçus jusqu’au 16 mai dernier comme exigé dans le communiqué publié dans le quotidien public Cameroon Tribune dans son édition du 09 mai. La sélection des candidatures était prévue le 22 mai dernier, suivi le 27 prochain de la désignation proprement dite des représentants de la société civile au sein du CCM. Selon des informations officielles, le CCM devra être composé de : 04 organisations de la société civile, 03 Ong et associations internationales, 04 associations des PVVIH, 04 représentants du secteur privé, et 03 des confessions religieuses. Contre 03 représentants des religieux (catholique, musulman, protestant), 01 du secteur privé (GICAM), 01 des organisations qui oeuvrent dans le domaine de la santé, et 01 des PVVIHS jusque là admis au CCM. En somme, le comité tel que restructuré selon les directives du Fonds Mondial devrait comprendre 60 % des membres des services étatiques, à raison d’un représentant par département ministériel contre 40 % issus de la société civile telle que décrit ci-dessus. Sur ce point un haut responsable de la santé croit savoir «qu’on ne peut pas passer outre ça maintenant, sinon le CCM ne sera pas reconnu comme représentatif de ce partenariat public privé ». Nécessaire dans la lutte contre ces endémies dont les conséquences socio-économiques persistent malgré les efforts consentis par les Etats et les bailleurs de fonds internationaux.

La société civile (SC) est impliquée dans le CCM depuis sa création en 2004. Sur initiative du Ministre de la Santé Publique (Minsanté) qui assurait la première présidence avant que ne soit décidé du choix d’un autre président. Intégrée à tous les niveaux de la structure, il se posait un problème de représentativité des institutions et autres groupes qui la composaient. Par exemple, était prédominante la partie gouvernementale, suivi des partenaires au développement dont les voix étaient souvent entendues. Contrairement à celles de la SC, des PVVIH surtout qui pêchaient par leur naïveté d’une part, et d’autres parts parce que les critères de sélection de leurs représentants étaient floues. Ceux recrutés brillaient par leur ignorance et ne se sentaient pas redevables des actions menées puisqu’ils n’avaient pas été élus, selon Alain Fogué Foguito du MOCPAT (mouvement camerounais de plaidoyer pour les traitements). Le CCM Cameroun est chargé de la sélection des projets pays et leur soumission au Fond Mondial qui débloque les financements. Au jour d’aujourd’hui le Cameroun a bénéficié de 5 des 7 rounds de financement qui ont été opérés par l’institution pour la gestion et le contrôle de la lutte contre le paludisme, la tuberculose et le VIH/Sida. Les 6è et 7è round avaient été perdus en raison des lacunes observées dans la mise en œuvre des activités et dans le fonctionnement du CCM. A l’heure actuelle, le Minsanté André Mama Fouda se démène au siège à Genève, en vue de la négociation du passage du Cameroun au 8è round.

 

 

Le déséquilibre demeure

Avec 60% de représentants de l’Etat au sein du comité consultatif du Fonds Mondial contre 40% de membres de la société civile, l’inégalité entre ses groupes demeurent et constitue une faiblesse majeure pour ceux en infériorité numérique. Puisque la partie gouvernementale peut toujours faire passer toutes les propositions de son choix en toute quiétude. Au Nigeria voisin et selon des informations des spécialistes dans le domaine, le CCM a 20 % de membres issus du gouvernement, idem pour la société civile, 10 % pour les institutions académiques, pareil pour le secteur privé, 15% pour les personnes vivants avec le VIH, la tuberculose et le paludisme ; 15% aussi pour les associations des jeunes et autres partenaires au développement. Et enfin, 10% des membres du CCM doivent être originaires des zones rurales. L’équité dans cette structure dont la présidence est assurée par un haut commis de l’Etat n’est pas pour demain. ISN

 

 

 


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Auteur

Ndjabun Irène Sidonie journaliste
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L'echec est le chemin qui mène à la victoire.

Transmis par Mazawazé (Paris)

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