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Conseil agropastoral: Les élèves accusent

Jeudi 4 Aout 2016 - 17:8:18

Plus de la moitié des effectifs a déserté le Centre national de formation zootechnique et vétérinaire halieutique de Maroua. En cause la non-reconnaissance des diplômes décernés dans le marché de l’emploi selon les élèves.

 

 

Les nouvelles qui circulent actuellement au sujet de la formation en Conseil agropastoral ne sont pas du tout rassurant. Notamment pour les candidats à la profession. Selon les anciens étudiants, il n’y a pas de débouchés ni au Cameroun ni ailleurs dans le monde. Certains membres des dernières cuvées que nous avons rencontrés sont encore au chômage, et leurs services ne sont sollicités nulle part, ni dans l’élevage, ni dans l’agriculture, fulminent-ils. Ils ont tous été formés au Centre national de formation zootechnique et vétérinaire halieutique de Maroua. L’établissement comporte trois filières, le Conseil agropastoral (Cap), les techniques d’élevage (Te), et l’infirmerie vétérinaire (Iv).

 Sont éligibles à ces métiers les jeunes de moins de 30 ans des deux sexes, titulaires d’un baccalauréat pour le CAP, d’un Bepc ou probatoire pour les Techniciens d’élevage et les Infirmiers vétérinaires. Problème, sur les 27 étudiants de la filière agropastorales qui avaient été admis au début de l’année, 16 se sont réellement inscrits, 09 seulement ont pu tenir jusqu’à la fin de l’année scolaire 2015/2016. Les autres sont partis après avoir été informés du sort qui leur était réservé pendant et après leur formation. 

Car il n’y a pas d’enseignants, seulement 03 pour enseigner la dizaine de matières au programme, révèlent les étudiants. Ils citent pêle-mêle : les techniques de productions agricoles, les techniques de production animale l’économie agricole, la sociologie agricole, les politiques et stratégies de développement, le machinisme, les techniques de gestion administrative, l’informatique, l’anatomie, la biosécurité animale, et les statistiques agricoles.

Pour chacune de ces disciplines, au moins une session de travaux dirigée (Td) doit être organisée, ils n’ont eu que 04 TD tout au long de l’année. Sont également dispensés les cours d’informatique, les statistiques agricoles, la sociologie et l’économie, racontent nos sources. Des jeunes très retournés contre leurs enseignants qui se caractérisent par leur absentéisme.   


Opportunités d’emplois: Absence de réels débouchés 

Le gouvernement à travers le ministère de l’Elevage, des pêches et des industries animales engloutit des ressources dans un secteur mal apprécié.

«Le métier de conseiller agropastoral n’est reconnu ni au Cameroun, ni à l’étranger». Les étudiants du Centre national de formation zootechnique et vétérinaire halieutique de Maroua ne décolèrent pas depuis qu’ils ont appris que leurs parents ont dépensé des sommes « astronomiques »…pour rien. Car ils ont fini leurs études depuis plus de deux ans pour certains, et pourtant, ils n’arrivent à s’intégrer nulle part. Problème, leur métier est inconnu dans le pays. Lorsqu’ils ont la possibilité de discuter avec les entreprises spécialisées dans le secteur de l’agriculture et de l’élevage, notent-ils, ils s’entendent dire qu’on ne sait pas à quoi ils servent. Certains responsables en arrivent à leur demander d’indiquer les taches qui pourraient leur être confiées, ajoutent ces sources.

A l’école, poursuivent ces étudiants, ils ont reçu une formation générale, sans être spécialisés dans ces domaines comme ils s’y attendaient pendant deux années. Pire encore, s’emportent ces jeunes, à la fin de la formation, il ne leur est pas délivré un diplôme, mais un certificat de fin de formation qui est signé par le Directeur du centre. Pour disposer d’un diplôme en bonne et due forme dans cette discipline, il faut présenter le Brevet de technicien supérieur (BTS) au terme de la seconde année. Seuls les étudiants munis de leur certificat sont admis à composer le BTS. Après le brevet, il faut s’inscrire à l’Institut du Sahel, afin de se spécialiser en production animale ou végétale (élevage et agriculture). 

Cette autre formation dure trois ans, à l’issue de laquelle on devient ingénieur des travaux dans la spécialité choisie, niveau licence. Le candidat peut aussi continuer en Master pour devenir ingénieur de conception. Nos sources citent des écoles comme ACEFA qui forment des ingénieurs, pas des conseillers. Pour y accéder, il faut cumuler 5 années de formation, disent-elles. Les cours théoriques sont dispensés pendant les trois premières années, suivis des pratiques dans des matières spécifiques dès la 4è et la 5è année. Il faut souligner que la filière est financée par le C2D à travers le projet Afop. Un de ses responsables que nous avons joint par téléphone révèle que le Ministre n’avait pas été bien informé sur cette profession, cela explique pourquoi il ne peut pas signer les diplômes qui sont délivrés au bout de la formation. 

Ce dernier note bien que les problèmes soulevés par les étudiants sont purement institutionnels. A en croire cette source, le réajustement des textes incombe aux ministères de l’agriculture et à celui des Pêches et des industries animales. Pour l’information des candidats à la profession, ils sont contraints de passer un BTS pour avoir un diplôme légal reconnu sur le double plan national et international. De plus, a tenu à faire savoir cette source, les conseillers agropastoraux ne sont pas des techniciens d’élevage, cette nouvelle filière sera lancée en septembre prochain. Des versions que contredit une source à la Direction des enseignements au Minepia. Selon elle, au bout de deux années de formation, avec le diplôme qui est délivré aux étudiants au bout des deux années de formation, les candidats peuvent postuler à un emploi et être intégrés dans la fonction publique.

Source : Notre Santé Hebdo, N° 170 du 12 au 18 juillet 2016  

 

  

Programme AFOP : Bilan Phase 1 et enjeux Phase 2

A la demande des autorités camerounaises, qui placent l’agriculture et le développement rural en tête de leurs priorités politiques, 11, 9 % de l’enveloppe du premier C2D, soit 64 M€ (42Mds de FCFA) et 60 de l’enveloppe du deuxième C2D, soit 195 M € (128 Mds de F CFA) ont été affectés aux programmes du secteur agricole et rural. Le Programme d’appui à la rénovation et au développement de la formation professionnelle dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche (AFOP) qui bénéficie d’une subvention d’un montant de 11,9 M€ (phase 1) et 35M€ soit 23 Mds F CFA (phase 2) constitue l’un des projets les plus emblématiques des deux C2D agricoles.

A travers le programme AFOP, le gouvernement camerounais a choisi de répondre, conformément aux orientations du Document de Stratégie pour la Croissance et l’Emploi (DSCE) aux défis de (i) l’accroissement de la production agricole et de (ii) la lutte contre le chômage par l’insertion professionnelle des jeunes dans les secteurs de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche.

Source: C2D Afop

 


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Auteur
Ndjabun Irène Sidonie journaliste
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Pensée du jour
L'argent est un bon serviteur, mais un mauvais maitre.

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