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paludisme: 63.000 moustiquaires à solder

Lundi 14 Juin 2010 - 10:9:57

L’audit national réalisé par le Fonds Mondial révèle des manquements graves dans la mise en œuvre des objectifs des subventions allouées au Cameroun.

 



«Au moment de l’audit, le BIG a noté qu’il restait une différence d’environ 62 780 moustiquaires entre le rapport technique et les statistiques de distribution. Les moustiquaires distribuées avaient par ailleurs besoin d’être réimprégnées, mais il y avait eu des retards dans l’achat des insecticides nécessaires». Ce constat édifiant, est établit par le Bureau de l’Inspecteur général (BIG) du Fonds Mondial (FM) qui a mené les investigations au Cameroun. Ceci est un diagnostic concret, qui met en lumière les carences graves qui ont tant de fois été relevées dans la lutte contre le paludisme, et relayés sur votre site.

Lorsque dans une des précédentes livraisons nous décriivions les Gap programmatiques et financiers du programme national de lutte contre le paludisme (PNLP), des cadres de ce service s’était offusqués de la publication de telles informations qu’ils jugeaient erronées. Laissant entendre qu’au moment où le PNLP accédait au round 9 de financement du FM, toutes les moustiquaires financées autant par les PPTE que par le FM avaient atteints leurs cibles. Le résultat de l’audit mené dans le pays par le BIG et qui a été rendu le 20 mai 2010 dernier indique tout à fait le contraire comme on peut le lire ci-dessus.

 Selon ce rapport, «les achats de moustiquaires n’ont pas respecté la procédure d’appel d’offres international recommandée par le manuel». Celles-ci, poursuit le BIG, ont été achetées dans le cadre d’un appel d’offres national et à des prix supérieurs aux prix en vigueur sur le marché. Pour justifier une telle démarche, on apprend que le Programme a brandit la réalisation simultanée des campagnes de distribution. Cependant, le BIG a relevé des cas dans lesquels les moustiquaires achetées étaient stockées pendant longtemps sans être distribuées. D’autres parts, souligne le BIG, «aucune comptabilité appropriée des moustiquaires n’était tenue au moment de l’audit ; le Programme n’était pas en mesure de fournir une ventilation des moustiquaires achetées et distribuées, et des soldes restants».

Le mardi 08juin dernier, lors d’un entretien avec les responsables du PNLP, ces derniers ont admit l’inexistence des données sur les stocks de moustiquaires financés jusqu’ici par les bailleurs de fonds. Il serait très laborieux, m’ont-ils dit, de retrouver les chiffres correspondants au volume des moustiquaires payés par les PPTE et le FM ces cinq dernières années. A ce que l’on sache, c’est 2004, que le fonds mondial est intervient dans le programme malaria avec l’inscription de deux nouveaux volets. Ce sont la distribution de la MII aux enfants de moins de cinq ans, et le Traitement Préventif Intermittent (TPI) chez les femmes enceintes. Etabli en deux étapes, la 1ère phase avait été réalisée en 2005-2006, et projetait la distribution de 1.137.710 MII aux cibles. 

Selon le Dr Kwake, 1.122.000 MII avaient effectivement été payées, mais seules 1.104.775 MII ont été réellement allouées aux destinataires, pour un coût total de 2.630.114.454 FCFA. Le stock s’était épuisé après la ventilation de la dernière provision dans les six premières provinces. A cette époque, le programme affichait un taux de couverture de 97 %, et un taux de perte de 3 %. Due aux vols, au transport et autres distractions comme le déplorait Simon Kwake. Cette étape prévoyait également l’acquisition des insecticides d’imprégnation pour 97 millions FCFA. Ramenant la somme des deux phases de l’opération à 2.727.114.454 FCFA. Dans le même chapitre, le FM avait préconisé la distribution équitable des MII à toutes les provinces.

Au moment de l’audit, souligne le rapport, «près de 2 millions de moustiquaires avaient été distribuées. Certains foyers vivant près des centres de santé visités avaient reçu des moustiquaires imprégnées d’insecticide du programme». De même, certaines de ces moustiquaires avaient déjà été réimprégnées. Au Cameroun, 40% de consultations dans les hôpitaux sont dues à la malaria, le tiers du budget familial est engloutis dans les dépenses liées au traitement du paludisme, 65% des hospitalisations sont le fait de cette affection.  Le Fonds Mondial prévoyait la couverture d’au moins 85% de la cible à l’horizon 2010. Cet objectif a depuis été compromis.


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Auteur
Ndjabun Irène Sidonie journaliste
BP 2303 Messa -Yaoundé tel 77 91 44 86 sitounou@ya
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