Nyagbo 738360 visites
Accueil

Décès: Jean-Marie Pacha s'en est allé

Mardi 2 Mai 2017 - 14:43:3

Jean-Marie Fongou, alias Jean Marie Pacha a tiré sa révérence le 15 novembre 2016 en début de soirée.

 

La génération 1950/1960 de Yaoundé et d’ailleurs dans le pays l’a connu et elle ne l’a certainement pas oublié. Jean-Marie Fongou, était plus connu sous le nom de Jean- Marie Pacha en référence à l’une de ses plus célèbres boîtes de nuit dans la ville de Yaoundé. Celle-ci était nichée au sous-sol de l’immeuble Hajal Massad, au cœur de la cité capitale. Celui qu’on appelait aussi Rockefeller s’en est allé le 15 novembre 2016 en début de soirée. Il avait été un véritable dandy pour les uns, un bienfaiteur pour les autres, un bourreau pour certains, un mauvais compagnon pour les très nombreuses femmes qui ont défilé dans sa vie, et surtout un mauvais père pour ses enfants, selon propres ses regrets.

 

Jean-Marie Fongou est décédé le 15 Novembre 2016 dernier, après une ultime causerie avec Vitale et Erno, deux de ses enfants qui l’assistaient au soir de sa vie. Il s’est éteint dans sa maison, chez lui comme il l’avait demandé à Notre Seigneur, qui a exaucé ses vœux. Cet homme tout feu tout flamme selon Vitale était né à Bafoussam, capitale régionale de l’Ouest, dont il était originaire. Premier fils d’une longue lignée d’une famille polygamique, il se caractérisait par ses ambitions presque claquées sur celles de ses parents.

Car son père se compte parmi les premiers bâtisseurs de la ville de Bafoussam.Sa mère quant à elle fut la première femme de sa région à avoir vêtu un pantalon dans les années 40. Elle fut aussi l’une des pionnières dans la création de ce qu’on appelle chez nous « un circuit », c’est une petite entreprise à multiples vocations qu’elle avait ouvert à Nkongsamba, dans le département du Moungo.

 

Gros travailleur tout comme eux, il avait fait ses armes dans le commerce et les affaires dans plusieurs régions du pays, de l’Ouest à l’Est en passant par le Littoral et le Centre. Très peu de gens le voyaient prospérer dans les affaires, à cause de son goût pour le luxe, les mondanités et le « bling-bling ». Ses proches racontent qu’Adolescent, il passait ses journées à astiquer ses vêtements et ses chaussures dans l’attente de son show quotidien. En fin d‘après-midi, racontent-ils, il jouait « le mannequin » dans la communauté où les gens payaient simplement pour le voir marcher, tant il était beau. Plus tard, Fongou Jean-Marie sera musicien, promoteur de station-service, propriétaire des plusieurs boîtes de nuit et d’autres commerces dans la ville de Yaoundé de la fin des années 1970 à 1990.

 

 Ces dix dernières années, il s’était coupé de toute activité professionnelle, s’était retiré de la vie mondaine, avait pris quelques distances avec sa communauté et certain de ses proches… pour faire le point. Car à ce moment ses amis de la même génération disparaissent les uns après les autres, il se voit entouré de jeunes avec lesquelles il a très peu d’affinités. Malheureusement, c’est à ce moment-là que les médecins vont lui déceler un diabète, qu’il n’accepte pas. Il n’a rien, il n’est pas malade, répétait-il à ses enfants qui s’acharnaient à le convaincre de ne pas nier cette réalité. Contre toute attente, et en dépit des recommandations des médecins, il a tant bien que mal supporté cette affection, menant une vie de quelqu’un qui ne souffrait d’aucune pathologie chronique qui pouvait lui être fatale.

 

Jean-Marie Pacha n’était pas un ogre, ni un bon mangeur selon une terminologie bien camerounaise, mais il s’offrait tout ce qui lui faisait envie. C'est-à-dire son coucous de maïs accompagné avec de la sauce de Gombo ou avec des choux assaisonnés avec des pistaches, il aimait aussi les sandwichs à l’arabe, son Yaourt de fabrication artisanale (Kossam), etc. Le Pacha buvait des boissons alcoolisées réduites à du vin rouge, et un cocktail de liqueur de grand cru et de Coca cola Zéro sucre… pour limiter les dégâts, disait-il alors. Il exigeait un verre à chaque repas, et c’est d’ailleurs ce breuvage qu’il a consommé peu avant de s’éteindre dans le secret de sa chambre à coucher en début de soirée.

 

 Vitael et Erno l’avaient laissé seul près d’une demie heure plus tôt, l’un pour aller réparer un robinet défectueux chez un locataire de l’appartement du dessus, et l’autre pour aller chauffer de l’eau pour lui masser les mains qui étaient très froides. Elle n’en n’a pas eu le temps. Il s’en est allé, à 69 ans. Un an jour pour jour après le décès de sa génitrice, Mama Ngniecheyi Marie, Veuve Nkuedado, Dit Maa’nguize. L’octogénaire avait quitté cette terre le 15 Novembre 2015, à 90 ans.

 

Mais à peine Le corps de Fongou mis à la morgue, la guerre des biens avait commencé. Vous ne devinerez pas qui ouvert le déluge de feu, avec le concours de sa sœur aînée, et des enfants de cette dernière. L'auteur de cet acte vit en situation irrégulière dans l’Hexagone, et précisément chez Bouanga, au 15 Rue Paul Bert, 92700 Colombes Paris, France. La suite de cette série sur la Saga des Fongou dans la prochaine livraison.  

 

 


Commentaires


   ...
Auteur
Ndjabun Irène Sidonie journaliste
BP 2303 Messa -Yaoundé tel 77 91 44 86 sitounou@ya
Pensée du jour
Il n'est jamais trop tard pour apprendre, car à savant, savant et demi

Transmis par Georges Diouf (Dakar, Sénégal)
Réalisé par Africaciel.com