AccueilBriqueterie: Les appréhensions des habitants
Jeudi 28 Août 2008 à 13:45:16

Privés d’informations précises sur le périmètre des opérations de déguerpissement, les habitants de la zone tentent toutes sortes d’entreprise avant l'intervention des équipes de démolisseurs de la Communauté Urbaine de yaundé. A cause de la présence des prospecteurs qui contribuent à alimenter leurs peurs.
Irène Sidonie Ndjabun
Maman "Jiè" comme on l’appelle dans sa communauté, veuve depuis plus d’une décennie est sur le point de vendre sa propriété. Elle a même déjà trouvé un acheteur, ressortissant de la province de l’Ouest comme elle. Avant l'opération, celui-ci va l'aider à obtenir un titre foncier. ce dernier s'est engagé à supporter les frais inhérents aux démarches administratives. Car depuis que les nouvelles du déguerpissement des populations vivant dans le quartier circule, elle est devenue insomniaque. Puisqu’elle n’a pas pu retrouver les documents de sa concession. Aussi, afin d’éviter les désagréments, ses enfants et elle se sont entendus pour évacuer les lieux avant que ne fondent sur leur maison la pelleteuse de la Communauté urbaine de Yaoundé (CUY). Depuis près de deux mois, l’acheteur a entamé la procédure d’obtention d’un titre foncier, au terme duquel le prix de la vente de la case sera définie, et la signature du contrat de vente certifiée devant notaire. Bien entendu, les dépenses réalisées en vue de la délivrance du titre foncier seront déduites du coût du terrain. Pourrant, sa maison ne se situe pas dans le périmètre marqué par les équipes techniques de la CUY, « mais on ne sait jamais », reconnaissent ses proches qui racontent son calvaire.
Sa demeure est un peu en retrait, derrière la Paroisse catholique de la Briqueterie. Comme cette dame, beaucoup d’habitants de la zone sont dans l’expectative, qu’ils soient ou pas installés dans la zone interndite. «On voit bien que l’Hôtel Aurore et d’autres bâtiments modernes ont été démolis», lance Catherine A Gon. Depuis le vendredi 22 août après le passage de la CUY, elle a entrepris d’emballer ses effets dans l’optique de rentrer dans son village, à Bafia dans le département du Mbam et Kim. Sa bailleresse, Rosalie Fosso n’est pas moins angoissée, car elle ne dispose que d’un certificat de vente laissé par son époux décédé dans les années 1990. Des informations qui lui parviennent font état de ce que ne seront indemnisés que ceux qui sont titulaires d’un permis de bâtir, ce qui n’est pas son cas. Depuis l’Hôtel Aurore, jusqu’au Carrefour Soya de nombreux habitants approchés admettent qu’ils ne disposent pas d’un titre de propriété. La plupart n’ont qu’un permis de bâtir, certains portant le nom du propriétaire du terrain qui avait vendu la parcelle. Et d'autres papiers tels les quittances de paiement de la taxe foncière. L’exemple de M Nankep zacharie, dit "Gach" qui révèle que la pièce délivrée à son défunt père avait été établie au nom de M Adi Jules. Idem pour une famille qui a requis l’anonymat dont l’autorisation de bâtir porte le nom de Ovah Marthe.
Une obervation dans le coin fait ressortir qu'environs deux maisons sur trois n’ont pas de titre foncier. Quelques résidents l’ont fait établir au courant de cette année 2008 en cours, le cas des familles Ngueha, Ngoba, et d’autres qui parlent sous anonymat. Tous sont situés bien au-delà de la zone interdite, et aux abords de la route principale qui traverse le quartier. Plus bas dans le quartier, et tout au long de la rivière dont l’axe va être rasé, les bords du cours d’eau se sont vidés de leurs populations. Parties depuis le week-end «pour préserver leurs matériaux de construction et autres mobiliers et ustensiles de maisons des machines à broyer de la Communauté Urbaine», selon leurs propres termes. Bien pire encore, des personnes dont ils ignorent la véritable fonction sillonnent le quartier, leur demandant de remplir des documents dont ils ignorent la portée. Malgré l’implication du chef du quartier, Ngoucheme Mama, chef de 3ème degré de la briqueterie Ouest, Bamoun, ils appréhendent les conséquences des signatures qu’on leur demande d’appliquer au bas de ces pièces. Par exemple, la Société Engeneering Cameroon (SEC) y a tenu une réunion il y a plus de deux mois, assistée de M Mama. Au cours de laquelle il a été question de l’aménagement des abords du Palais des Sports, et des opérations que nécessite une telle entreprise.
Une fiche leur a été remise, qu’ils devaient remplir et le déposer à la chefferie. Depuis, plus rien, et c’est inquiétant disent les résident, puisque les chefs de blocs ne sont pas informés. A la SEC, Le Directeur général, M Fabien Omboudou indique que son entreprise a été mandatée par la Maetur (Mission d’aménagement et d’équipement des terrains Urbaine et ruraux) dont elle est une sous traitante. Rendu à la Maetur, le Directeur Technique, M Sende confirme ses propos, et explique qu’ils sont partenaires à la CUY qui leur a commandé une enquête foncière sur le site. Ce qu’il faut noter, c’est qu’aucun recensement officiel n’a été réalisé à cet endroit de la ville. M Ngoucheme que les habitants accusent de discrimination dans la collecte des fiches remises par la SEC n’a pas consenti à répondre aux questions à lui posées ce mercredi 27 août 2008 à son domicile. Arguant de ce que le reporter qui sollicite ses informations doit d’abord requérir l’autorisation de son patron qui est le Sous-préfet de l’Arrondissement de Yaoundé II. Dans l’intervalle, petit à petit, le quartier se vide de ses habitants qui aimeraient que quelqu’un leur dise à quelle sauce ils seront mangés. Ils espèrent que la rencontre annoncée à la communauté urbaine ce jeudi 28 août leur apportera plus de précisions.
Commentaires
Publicité
Pensée du jour
L'echec est le chemin qui mène à la victoire.
Transmis par Mazawazé (Paris)
Votre citation
Articles recents
»
Sécurité Sociale: 90 jours pour convaincre
»
Sécurité Sociale: 90 jours pour convaincre
»
Communauté Urbaine: L'organigramme qui accuse
»
Actualité
»
OEVS: Des dons pour 30.000 enfants
|