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Passeport: Le calvaire des demandeurs

Jeudi 28 Mai 2009 à 14:40:55

Heurts et malheurs des candidats au voyage.
 
 
 «Mes 5 Frs n’iront nulle part, ce monsieur va faire signer les pièces de mon enfant aujourd’hui même où on verra». Madame Hermine Ngono, perdue au milieu de la foule qui attend assise sous le hangar dans la cour de la division de la police des frontières à Yaoundé le jeudi 07 mai 2009 ne décolère plus. Depuis la veille, un agent du service retarde le dépôt du dossier de sa petite fille qu’elle accompagne.
 
Cette dernière fréquente un établissement secondaire de Mbalmayo dans le département du Nyong et So’o, région du centre. Les deux ont fait le voyage depuis le lundi 04 mai pour une journée. Suffisante pour l’achèvement de la procédure de dépôt de dossier pour l’obtention d’un passeport.  Pour une histoire de certification de la copie de sa carte nationale d’identité dans le Sud-ouest, sa région de résidence, un agent du service a mis à l’écart son dossier. Et ce Durant les trois premiers jours, lundi, mardi, et mercredi.
 
Depuis la veille, mercredi 06 mai, le commissaire en personne, patron de ce jeune homme a validé la pièce et prescrit son incorporation dans le dossier. Mais ce dernier persiste et signe, il n’en sera pas ainsi, malgré l’intervention du neveu de madame Ngono, qui est un collègue de cet inspecteur de police. La petite a passé toutes les premières étapes du processus (enregistrement, photo, et obtention de la fiche d’identification du demandeur du passeport). Reste la suite qui consiste au contrôle de l’ensemble des pièces composant le dossier, du paiement des frais de timbre, de la prise des empreintes, et de la délivrance du coupon de retrait du document.
 
Une étape qui a court de l’autre côté, à l’aile gauche du bâtiment. Ce jeudi, «Tous ceux qui sont arrivés après elle passent les uns après les autres, pendant qu’elle attend», se plaint madame Ngono. Aux environs de 14 heurs, alors qu’elle perd patience et se lève pour se diriger vers le bureau de son tortionnaire, son neveu émerge de la grande salle d’accueil avec à ses talons la petite. Madame Ngono laisse échapper un juron et se rassoit en maugréant. Une demie heure plus tard, tout est terminé, sa petite fille vient à sa rencontre son coupon de retrait dans la main.
 
Le service est pourtant bien organisé dans cette unité, où le travail se fait à la chaîne. Une jeune inspecteur de police pour lire les dossiers déposés aux premières heures de la mâtinée par les demandeurs. Le commissaire et chef de service pour vérifier les pièces requises ; un officier qui les numérote avant l’appel fait par l’inspectrice pour la phase suivante, la prise de la photo. Muni de la fiche du demandeur de passeport, et du coupon portant leur numéro de passage devant le photographe. 
 
Qui lui se trouve dans une des pièces situées à l’autre bout, au fond du bâtiment, et qui collecte en même temps les frais y afférents qui s’élèvent à 2000 FCFA. Ces opérations ont commencé ce jeudi peu après 10 heures, et la prise des photo aux environ de 11 heures. Les 22 (vingt deux) premières photos étaient prêtes aux environs de 12h30 minutes. Suscitant l’inquiétude des usagers dont certains se demandaient à quelle heure ils partiraient de là. Notamment ceux portant les numéro partant de 150 à plus.
 
Au moins de 230 personnes sont reçues ici au quotidien selon les propos du chef de service à un enseignant du supérieur qui sollicite un traitement de particulier. A qui le commissaire fera savoir que «Cela signifierait que j’abandonne 230 personnes issues de toutes les strates de la société qui attendent là dehors pour m’occuper exclusivement de votre cas». Confus, son vis-à-vis va s’éloigner en silence. Pendant qu’arrivent d’autres retardataires auxquels la jeune inspectrice conseille de suivre le commissaire qui s’est maintenant déplacé vers l’arrière du bâtiment.
 
En vue de la validation des pièces exigées et sont traitement le jour même. Car ici, et selon des informations concordantes, l’enregistrement s’arrête à 12 heures, les retardataires étant renvoyés au lendemain. Très souvent, disent les habitués des lieux, seuls sont reçus les personnes qui ont eues une place assise sous le hangar. Parfois, comme ce jour, ils peuvent faire une exception à la règle. Pendant qu’attend le gros de la troupe sous le hangar, les autres, ceux titulaires des dossiers dits «spéciaux» sontmieux encadrés. Ils ne s’aligneront pas pour la prise de la photo et pour le reste de la procédure.
 
Et leur passeport leur sera remis en général, selon une source fiable dans la maison, au bout de 48 heures. Ils se recrutent parmi les étudiants sur le départ qui ont été recommandés par des hautes personnalités, la haute hiérarchie de la police ou d’autres collègues des dirigeants du service. C’est dans ce cadre que madame Magne dont le fils est inscrit dans une université étrangère est venu solliciter ce mercredi l’intervention du directeur de la police des frontières. C’est une connaissance qui lui a suggéré l’adoption cette démarche car certains dossier sont traités en urgence lorsqu’il s’agit d’une inscription que l’on peut justifier par une pièce y relative.
 
Et c’est muni de ces documents qu’elle a sollicité une audience pour rencontrer le patron des lieux. Après plusieurs heures d’attente, il lui sera demandé de revenir le lendemain. Rendez-vous qu’elle va honorer, pour s’entendre dire par l’adjoint au directeur dont le programme du jour est surchargé «qu’aucun Passeport n’est délivré en 48 heures». Puisque la procédure a été simplifiée pour permettre à tous les postulants d’obtenir leur document en un temps relativement court, conclut-il. Cinq jours, comme indiqué sur les affiches apposés un peu partout sur les murs du service. 
 
 
Un officier va lui conseiller d rencontrer le chef de service, dont le bureau est situé sous les escaliers, au rez de chaussée. Ce dernier est formel, elle doit se conformer à la procédure d’usage qui a été largement simplifiée. Une information qui est pourtant démentie par le résultat final. Puisque le fils de madame magne n’a reçu le sien que dix jours plus tard. Il s’y est présenté chaque jour à partir de la date prévue pour la délivrance de la pièce, le jeudi 14 mai.
 
Mais il regrette que les listes qui étaient affichées au fur et à mesure qu’elles étaient produites ne portent pas son nom, comme celui des nombreuses autres personnes qui attendaient comme lui. C’est le vendredi 22 mai dernier qu’il a reçu son passeport, une dizaine de jours plus tard. Au total, et comme le confirment des sources, il faut en moyenne une vingtaine de jours pour l'obtention de ce sésame. 
 

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Auteur
Ndjabun Irène Sidonie journaliste
BP 2303 Messa -Yaoundé tel 77 91 44 86 sitounou@ya
Pensée du jour
L'essentiel dans la vie c'est de ne pas flechir les genoux meme si l'on recoit des coups soyons solide pour rester debout.

Transmis par Abdourahamane (Niamey / Niger)
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