Samedi 26 Décembre 2009 à 14:0:47
Comment un Directeur des Publications se nourrit de la désobligeance de ses journalistes.
Ceci est l’histoire d’un médium qui revendique «une longueur d’avance» sur les autres médias. C’est le drame des journalistes qui paieraient le prix de leurs égarements. Qui se soldent pour leur Directeur des Publications, par des gains évalués en millions de FCFA. Environ 1.440.000 (un million quatre cent quarante mille) FCFA tous les ans. Si la petite quinzaine des personnels des agences des régions du Centre, du Sud, de l’Est, de l’Ouest, et du Grand Nord achetaient toutes les éditions de la semaine tout au long de l’année. Puisqu’une édition est vendue au prix de 400 FCFA, soit un total de 2000 FCFA hebdomadaire dépensé par personne.
Pour un total de 8.000F reversé dans les caisses de l’entreprise, qui aura engrangé au terme de la semaine un retour sur investissement de l’ordre de 30.000 FCFA. A la fin du mois, c’est une enveloppe de 450.000 FCFA qui aura échut dans les poches de ce patron de presse. Etalé sur cinq années, cette subvention des journalistes de ce quotidien privé à leur DP est estimée à 7.200.000 FCFA.
Le phénomène dure depuis 5 ans (2005-2009), les personnels des agences susmentionnés de La Nouvelle Expression, puisqu’il s’agit de ce journal se sont résignés, face à «la détermination de leur direction qui leur fait payer le journal qu’ils produisent», disent-ils. Le Rédacteur en Chef, Valentin Siméon Zinga avoue avoir multiplié les démarches en vue d’infléchir la décision de son supérieur hiérarchique, en vain.
Séverin Tchounkeu, le DP se défend en brandissant les dérives de ses personnels. Qui se sont distingués durant des années par «des actes inadmissibles».
Jusque vers la fin de l’année 2004, une trentaine de journaux destinés à l’agence de Yaoundé étaient déposés tous les jours dans un des kiosques à journaux proche du service. Mais il s’est avéré que très souvent, le paquet déposé dans un de ces points de vente au Carrefour Elig-Essono, à 200 mètres de l’agence était tantôt allégé, tantôt entièrement emporté.
Après investigations, la direction avait pu mettre en évidence «les ventes parallèles faites par des personnels du bureau de Yaoundé», dont l’identité n’a jamais été révélée par la direction générale. Pour autant, la désobligeance d’un ou de plusieurs agents pourrait-elle justifier une telle démarche d’un patron de presse?
Peut-on punir l’ensemble d’une famille pour des fautes commises par quelques brebis égarées ? Le DP a-t-il questionné les motivations de ceux de ses agents qui pratiquaient cette activité ? Qu’envisage t-il pour remédier à la situation et offrir de meilleures perspectives à ses journalistes ? Questions.